rsa1La CNAF (caisse nationale d'allocations familiales) vient de publier une étude sur les ayants droits au RSA : contrairement aux allégations régulières des partis de droite qui cherchent à diviser la population en stigmatisant un soi-disant "assistanat" , il apparait que plus d'un tiers des citoyens éligibles au RSA ....N'UTILISENT PAS LEURS DROITS !

Voilà une synthése de cette étude scientifique , livrée sur le site de "L'Observatoire des inégalités" :

Plus du tiers des titulaires du RSA n’y a pas recours le 10 juillet 2012

Plus du tiers des titulaires potentiels du revenu de solidarité active (RSA) n’y a pas recours, soit 1,7 million de personnes, selon une étude menée par la Caisse nationale d’allocations familiales (données à fin 2010, lire en ligne). Le non-recours atteint 36 % pour le RSA seul dit "socle" (le revenu minimum de ceux qui n’ont pas d’activité) et 68 % pour le RSA dit « activité » (complément de revenu de ceux qui travaillent et perçoivent de très bas salaires).

Pour partie, il s’agit de personnes qui sont nouvellement éligibles ou de façon transitoire, mais le taux reste de 45 % pour ceux qui sont éligibles de longue date (mai 2009). Pour partie aussi, les sommes à percevoir sont minimes (notamment pour le RSA activité) et les démarches particulièrement complexes. Pour comprendre les raisons de fond qui motivent le non-recours, la Cnaf a réalisé une enquête auprès de 3 300 personnes. Parmi les éligibles n’ayant pas recours, un gros tiers avait déjà bénéficié du RSA, plus de la moitié disait « connaître le RSA et ne pas en avoir bénéficié » et un dixième ne connaissait pas la prestation, soit environ 170 000 personnes. Parmi ces derniers, la Cnaf note qu’il s’agit souvent d’hommes seuls sans emploi.

Si l’on ne considère que la moitié des non-recourants qui estime connaître le RSA mais sans en avoir jamais bénéficié, un tiers des personnes est « sûr » de ne pas pouvoir bénéficier du RSA… alors qu’elles y ont droit ! Plus de la moitié « pense ne pas pouvoir y avoir recours » mais n’a pas creusé la question, et 13 % sait qu’elles y ont droit mais le refusent. Au total, les deux tiers des personnes éligibles qui n’ont pas recours au RSA tout en connaissant son existence estiment qu’ils manquent d’information, 20 % trouvent les démarches trop complexes et 42 % disent se débrouiller autrement et 27 % n’en veulent pas « par principe ».

Si l’ « assistanat » et les abus du système de protection sociale sont mis en avant, on oublie souvent de signaler qu’une grande partie des bénéficiaires potentiels n’ont pas recours aux prestations auxquelles ils auraient droit. Certains, minoritaires, parce qu’ils n’en veulent pas, mais beaucoup car ils connaissent mal leurs droits. En matière de minimas sociaux, il faut donc au moins autant faire la traque à la fraude qu’au déficit d’information.

LM