belgique1 La septième édition de la « Conférence des 4 partis » s’est déroulée les 13 et 14 avril à Remich au Luxembourg, à la frontière franco-allemande-luxembourgeoise. 40 représentants des 4 partis y ont participé.

Un article de Herwig Lerouge, Alice Bernard et Bert De Belder

L’initiative est née de trois constats. Le premier, c’est que, dans tous les pays de l’Union européenne, les gouvernements poursuivent les mêmes objectifs dictés par les Traités de l’Union. Partout, il est question d’allongement de la carrière, suppression de la prépension, chasse aux chômeurs, libéralisation des services publics, dérégulation des contrats de travail fixe au profit de contrats temporaires ou partiels. Mais ils sont assez malins pour appliquer ces réformes à des moments différents et selon des modalités différentes selon les pays. Cela amène la gauche à combattre ces mesures identiques de façon dispersée et isolée.

Pourtant, cette situation n’est pas insurmontable, et c’est là le deuxième constat. La première conférence des 4 partis en 2006 a eu lieu après la victoire des travailleurs portuaires européens. Ils ont réussi, au moyen de grèves, de manifestations et de lobbying politique, à repousser une directive européenne visant à permettre à des équipages de bateaux de décharger ceux-ci.

Cette lutte a été, pour les 4 partis, un argument pour mettre en route une collaboration afin de mieux coordonner leurs analyses, leur politique et aussi leurs actions. Depuis, ils ont pris des initiatives communes dans le secteur des postes, de la sidérurgie, de l’automobile. A VW (devenu Audi) Bruxelles, Ford Genk et General Motors Anvers, des syndicalistes allemands ont apporté leur soutien aux travailleurs menacés de fermeture, entre autres grâce au travail des 4 partis. Et le Parti communiste du Luxembourg (KPL) a entamé un travail contre la libéralisation de la poste sur base des expériences des postiers du PTB.

Quels résultats ?

Un troisième constat est que les communistes sont en retard pour élaborer une stratégie commune au niveau de l’Union européenne. Les patrons, les partis de droite, les socialistes ont tous des structures européennes. La coordination des 4 partis est un premier pas, modeste, pour mettre les communistes aussi sur cette voie, même si c’est sur le terrain national que se mènent encore en premier lieu les combats. Mais une stratégie commune, des échanges d’expériences, une coordination des luttes renforcent aussi le combat national.

Lors des rencontres précédentes, les points de vue des 4 partis se sont rapprochés entre autres sur : le caractère de la crise, la manière de combattre la politique d’austérité, quelle alternative à proposer à cette Europe, ou encore le travail communal ou syndical des 4 partis. Lors des dernières élections communales au Luxembourg, le PTB et le DKP ont aidé les camarades sur place. A l’issue de cette campagne, le KPL est rentré dans trois conseils communaux. Les discussions lors des séminaires ont déjà conduit à un début de travail commun pour une taxe des millionnaires dans nos pays respectifs, des initiatives communes de soutien à des combats dans la sidérurgie et l’automobile, au soutien commun au Parti communiste de Grèce lors des dernières élections.

Avec la récente conférence, nous avons encore constaté combien il est utile de savoir ce qui se passe chez nos voisins car, souvent, on y apprend ce qui se prépare dans son propre pays. Et cette connaissance est une arme indispensable pour pouvoir réagir à temps.