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Palestine : Le visage sale de l’occupation dévoilé

Depuis la mi-juin, une folie guerrière s’est emparée de l’état israélien. Le kidnapping et le meurtre de 3 jeunes israéliens vivant en territoire occupé ont servi de prétexte à une opération militaire de grande envergure. Sous couvert d’une opération de police, l’état israélien déclenche une nouvelle offensive contre le peuple palestinien.

Maxime Van Laere (PTB)

Du crime au prétexte

Le 12 juin, les 3 jeunes étaient enlevés. À l’heure actuelle, on ne sait toujours pas de manière sûre qui se cache derrière cet acte. Qu’importe, pour le gouvernement israélien cela vient du Hamas (mouvement de résistance palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza) et la réconciliation récente avec le Fatah (autorité palestinienne en Cisjordanie) pour former un gouvernement d’unité place tous les Palestiniens dans le même sac. Il faut les faire payer, a affirmé le Premier ministre israélien Netanyahou1.

C’est ainsi qu’un crime qui aurait dû être réglé dans un état démocratique par une opération de police menée par l’état où les faits ont eu lieu se transforme en une opération militaire de grande envergure.

Les faucons de guerre israéliens se sont saisis de la brèche et ont encouragé cette nouvelle escalade dans le conflit : « Plutôt que de débattre à l’infini, le gouvernement Netanyahou doit permettre à Tsahal de déployer toute sa puissance de feu contre Gaza et le gouvernement d’union palestinienne. Et au diable les “no, no, no” que nous lancera l’ONU », déclarait ainsi l’éditorialiste Ariel Plaksin du quotidien Maariv.

Ils sont soutenus par le procureur général qui aurait autorisé la torture contre les Palestiniens raflés dans les arrestations de masse.2

À l’heure actuelle, on parle de plus de 30 frappes aériennes menées en territoire palestinien par Israël, de la fouille illégale – mais faut-il encore le préciser – de plus de 2 200 bâtiments et de plus de 400 arrestations dont Nael Barghouti, qui venait de quitter les prisons où il avait été détenu pendant 34 (!) ans.

Dans le cadre de ces opérations militaires, 3 mineurs palestiniens sont morts : Sakher Dergham Abu Mohsen, 16 ans ; Mohammed Dudin, 14 ans ; Ali Abdel-Latif Alaawor, 7 ans3. Voilà où mène l’escalade.

Compter les points ?

L’ONG israélienne B’Tselem déclare que c’est 565 Palestiniens qui ont été tués par les forces armées israéliennes depuis 2009, dont 84 mineurs entre 2000 et 2009, ils sont 5 765 dont 952 mineurs4.

Bien sûr, il ne s’agit pas de compter les points. Mais dans un conflit où la propagande israélienne cherche le moindre prétexte pour justifier l’usage direct de la force, il est important d’avoir ces chiffres à l’esprit.

Non les Palestiniens ne sont pas des barbares, pas plus que les trois mineurs israéliens étaient coupables, ils sont des victimes d’un conflit largement déséquilibré.

Du discours aux actes

L’horreur a franchi un nouveau cap quand le discours haineux de l’état israélien s’est infiltré dans la société civile.

Pour « venger » le meurtre odieux des 3 mineurs israéliens, un groupe de colons, extrémistes religieux et politiques, a kidnappé un enfant palestinien. Ils l’ont ensuite brûlé vif. Mohammed Abu Khudair avait 17 ans.

Si cela ne suffisait pas à prouver les dangers d’un discours haineux au plus haut niveau de l’état, la vidéo des membres des forces de l’ordre israéliennes passant à tabac le cousin de ce jeune est là pour en convaincre. Comble du cynisme, ce jeune vient d’être condamné à 9 jours d’assignation à résidence5.

Ce discours s’exprime de plus en plus librement et perce de plus en plus. Ainsi, la veille de l’enlèvement du jeune Palestinien brûlé vif, un appel au génocide du peuple palestinien était lancé sur Facebook par une des figures de Habeyit Hayehudi, parti membre de la coalition au pouvoir6.

Le 7 juillet, l’extrême droite israélienne de Lieberman annonçait sa rupture avec son ancien allié, le Likoud du premier ministre Netanyahou. Ils le trouvent trop lent à déclencher une véritable guerre contre la bande de Gaza7.

Netanyahou pourrait bien avoir entendu leurs appels : dans la nuit du 7 au 8 juillet, une cinquantaine de frappes israéliennes ont touché la bande de Gaza, tandis qu’au sol on rassemble des troupes et on rappelle les réservistes en vue d’une éventuelle offensive terrestre8.

Aujourd’hui, plus que jamais, la fin de ce conflit est une nécessité vitale.

Le salut ne tombera pas du ciel. C’est la solidarité internationale en parallèle avec la lutte politique des Palestiniens qui, comme en Afrique du Sud, fera tomber la logique criminelle du gouvernement israélien.