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2ème anniversaire de Fukushima: les Japonais dans la rue

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce week-end dans tout le Japon pour exiger l'abandon rapide de l'énergie nucléaire. La date est importante, demain lundi sera le deuxième anniversaire des séisme et Tsunami qui ont provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, évènements qui ont fait près de 19000 victimes.



A Tokyo, les manifestations ont duré deux jours. Les manifestants se sont rassemblés dans un grand parc du centre pour écouter des concerts ou des discours sonorisés grâce à de l'électricité solaire. Ils ont ensuite défilé en direction du Parlement, en passant par le quartier des ministères, dans le but de remettre une pétition aux députés demandant au Premier ministre japonais Shinzo Abe, au pouvoir depuis les législatives de décembre, le démantèlement de toutes les centrales nucléaires du pays.

Ils étaient déjà 15000 à défiler dès samedi, la foule comprenait des résidents de la région de Fukushima (nord-est du Japon) et des personnalités, dont le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe.



D'autres manifestations se sont tenues dans la capitale et le reste du pays. Selon les médias locaux, quelque 150 événements étaient prévus au total entre samedi et lundi. Dans de nombreuses communes touchées par le tsunami, les habitants vêtus de noir ont assisté ce dimanche à des cérémonies de commémoration. A Rikuzentakata, où près de 1.600 personnes ont péri et 217 sont portées disparues, le maire Futoshi Toba a réaffirmé son engagement à reconstruire la ville.



"Il devient de plus en plus important pour nous de manifester. Je le fais pour mes enfants. On ne peut pas leur léguer ce chaos que représente l'énergie nucléaire", déclarait à Reuters une Japonaise de 32 ans, mère de deux enfants, venue défiler devant le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie en scandant: "Halte au nucléaire! Protégez nos enfants!" "Les gens et les médias commencent à oublier Fukushima et ce qui s'y est passé".



Le nucléaire au cœur du débat politique



Seuls deux des 50 réacteurs de l'archipel nippon sont actuellement en fonctionnement, le parc nucléaire faisant l'objet de vérifications de sécurité poussées depuis l'accident de Fukushima. Le redémarrage des autres centrales est un clair enjeu politique. M. Abe, dont le Parti Libéral-Démocrate (droite) a de proches relations avec les milieux d'affaires, prône le redémarrage des réacteurs dont la sécurité aura été établie.

Le gouvernement de centre-gauche sortant, dirigé par Yoshihiko Noda et battu dans les urnes en décembre, avait promis pour sa part d'abandonner l'énergie nucléaire d'ici à la fin des années 2030. "Nous exigeons le lancement rapide des procédures de démantèlement des réacteurs et nous opposons à tout projet de construction de nouvelles centrales nucléaires", ont ajouté les organisateurs de la manifestation dans leur communiqué. Selon un sondage récent, 70% des Japonais sont partisans d'un abandon du nucléaire à terme.



En plus des 19000 morts et disparus, la fusion de réacteurs à la centrale de Fukushima Daiichi, due à la panne du système de refroidissement, a entraîné l'évacuation de 160.000 habitants de la région et la mise en place d'une zone d'exclusion dans un rayon de 20 km autour de la centrale, et a contaminé durablement l'environnement terrestre, atmosphérique et maritime.