L'entretien de François Hollande donné aux correspondants de la presse britannique ne passe pas inaperçu de ce côté-ci de la Manche. Désireux de rassurer les financiers de la City, le candidat socialiste à la présidentielle affirme que la France de Mitterrand de 1981 et celle d'aujourd'hui n'a plus rien à voir. En exemple, il soutient: "Aujourd'hui, il n'y a plus de communistes en France."



Selon ses propos rapportés par le quotidien britannique The Guardian, le vainqueur des primaires socialistes tente de rassurer la patrie du London stock exchange après son discours du meeting du Bourget, au cours duquel il affirmait qu'il n'avait qu'"un ennemi, la finance". Aussi, il explique: "Les années 1980, c'est une autre époque. Les gens disaient qu'il y aurait des chars soviétiques sur la place de la Concorde. Cette époque est révolue, c'est de l'histoire ancienne. Ces peurs étaient légitimes alors. On avait connu 23 années de pouvoir de droite, c'était la Guerre froide et Mitterrand venait de nommer des ministres communistes dans son gouvernement. Aujourd'hui, il n'y a plus de communistes en France... La gauche a été au gouvernement quinze années durant lesquelle nous avons libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a plus de crainte à avoir".



"Les 132 000 adhérents du PCF seront contents de le savoir"



François Hollande "est mal informé, ça lui promet quelques déboires", a réagi ce mardi Jean-Luc Mélenchon à l'issue d'une conférence de presse devant la presse étrangère. "Je suis le candidat des communistes", "il est mauvais observateur", a-t-il ajouté, affirmant que c'est "une parole qui ne lui portera pas chance". Le candidat du Front de gauche a déploré une "attitude hautaine insupportable" chez François Hollande.





Même incompréhension de la part d'Olivier Dartigolles. Dans un communiqué, le porte-parole du Parti communiste français (PCF) pense que "les 132.000 adhérents du PCF et ses 10.000 élus seront contents" d'apprendre qu'il n'y a "plus de communistes en France". Il estime aussi que "les génuflexions de François Hollande devant la City font du mal à la gauche", jugeant que ses propos sur les marchés financiers "ont le mérite d'être clairs, les électeurs de gauche apprécieront".



Dans un autre communiqué, Eric Coquerel, conseiller de M. Mélenchon, complète les réactions en attaquant l'appel du pied de François Hollande aux marchés. "Avec de telles ambitions, c'est sûr que la finance peut être rassurée. On peut se demander s'il y a bien encore un candidat socialiste dans cette campagne. On aura en tous les cas compris qu'il n'est qu'une assurance pour une politique de gauche: le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon."