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« Plus d'Europe, c'est moins de démocratie »

par Mauricio Miguel, membre du secrétariat de la délégation du PCP au Parlement européen

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La crise de l'UE est utilisée par le pouvoir politique pour déclencher une offensive brutale contre la démocratie politique – indissociable de la tentative d'imposer un recul civilisationnel dans les droits et les acquis sociaux des travailleurs et des peuples.

En accentuant le processus de concentration et de centralisation du capital dans l'UE, les grandes puissances et les monopoles capitalistes qui les dominent tentent de détruire les souverainetés nationales et de pervertir de ce qui devrait être un régime démocratique, pour instaurer un régime autoritaire.

Les mesures, actions, tentatives et projets qui prétendent « sauver » l'euro et l'UE visent au transfert du pouvoir politique des organes de souveraineté nationale vers les « institutions européennes », les dépossédant de leurs compétences, éloignant toujours plus les peuples de l'exercice du pouvoir, limitant ou empêchant même sa participation aux processus politiques, pour imposer une politique de plus en plus contraire à ses intérêts et ses aspirations.

La soumission et la mise sous tutelle des États nationaux – dont le Pacte d'agression des troïkas nationales et étrangères n'est qu'un exemple – visent à la destruction des mécanismes de contrôle de l'exercice du pouvoir politique que la lutte des travailleurs et des peuples a arraché dans chaque pays aux bourgeoisies nationales. Elle vise à empêcher la participation directe des peuples aux processus politiques et à les éloigner de plus en plus des mécanismes de contrôle du pouvoir politique – ou même par la destruction des mécanismes existants – pour s'assurer l'impunité.

Ils veulent imposer des modèles politico-institutionnels « fonctionnels » basés sur le détournement des souverainetés nationales et sur des constats de fatalité politique, économique et sociale – jamais confirmés, jamais discutés ni expliqués, au contraire, démentis par la réalité et par les contradictions insolubles qui sont dans la nature même du capitalisme.

Ils veulent imposer un modèle unique qui marginalise ou élimine les oppositions, non par la voie brutale des « bottes » nazies du passé mais par la voie plutôt de l'hégémonie idéologique, qui créera des sorties de secours politiques – ce qu'est l'UE elle-même – pour garantir sa domination de classe.

C'est tout le sens du renforcement du pouvoir des grandes puissances au Conseil européen, au Parlement européen et dans la Commission européenne. C'est le sens du détournement de la politique monétaire en faveur de laBanque centrale européenneet de sa fausse « indépendance » - sans mandat ni contrôle démocratiques. Voilà en quoi réside la tentative d'imposer ses priorités dans les budgets de chaque pays, ôtant aux parlements nationaux cette compétence, imposant de façon directe ses intérêts de classe. Voilà ce qu'il faut chercher derrière la tentative également de discréditer le pouvoir local démocratique, de réduire le nombre de communes et des collectivités locales, limiter sa capacité d'action en étranglant ses finances. Voilà ce qui explique les limitations posées au droit à la grève, à l'action et à l'organisation des travailleurs dans les entreprises.

En agissant ainsi, en cherchant à détruire les souverainetés nationales et les régimes démocratiques, il remet en cause leur légitimité. Le pouvoir politique émergeant dans l'Union européenne rentre de plus en plus en conflit avec les intérêts et les aspirations des classes populaires. Il revient aux travailleurs et au peuple portugais de mettre en échec cette perspective et redonner toute la légitimité aux institutions qui doivent effectivement l'avoir.

Les conquêtes de demain seront difficiles à obtenir, mais elles sont possibles et nécessaires. Rien n'a été conquis sans beaucoup de sueur, de sang et de larmes. Cela nous encourage à être du bon côté de la barricade de la lutte de classes : du côté de la classe ouvrière et de tous les travailleurs. Cela nous encourage à développer nos sentiments patriotiques et à porter haut la défense des intérêts et des aspiration de notre peuple. Cela nous encourage à en finir une bonne fois pour toute avec l'exploitation de l'homme par l'homme, sans quoi aucune société véritablement démocratique ne sera possible.