DSC01789 Quatre mois de sursis viennent de nouveau d'être accordés à l'entreprise Deville par le tribunal de commerce de Sedan : je vous publie une copie d'un article du journal "L'Usine nouvelle" paru cette semaine . Il apparait que la reprise de cette usine -patrimoine industriel historique des Ardennes , est fortement compromise par la pollution par l'amiante ...qui continue par ailleurs à tuer de nombreux anciens salariés !!

Voici l'article :

"Le tribunal de commerce de Sedan (Ardennes) a octroyé un sursis de quatre mois à la holding Birus, actionnaire majoritaire de Deville, pour lui permettre de négocier au mieux la reprise de cette société mise en redressement judiciaire le 17 octobre 2013. Des négociations sont en cours avec le groupe Phoenix, seul investisseur à avoir maintenu une offre de rachat des sites de Charleville-Mézières et Saint-Laurent-de-Mure (Rhône).

Le tribunal de commerce de Sedan (Ardennes), qui avait à réexaminer le 6 février la situation de la société Deville, a décidé d'accorder un délai supplémentaire aux dirigeants de cette entreprise installée depuis 1846 à Charleville-Mézières. L'enquête est donc renvoyée au début du mois de mai, afin de faciliter les démarches en cours pour trouver un repreneur.

Le matin même, les représentants du personnel avaient été informés lors d'un comité d'entreprise exceptionnel tenu à la demande de l'administrateur judiciaire, Gérard Philippot, que Sequor Invest, un moment pressenti pour racheter la société, avait finalement opéré un retrait.

Un seul repreneur potentiel

Le sort des 117 salariés de la PME, spécialisée dans la conception, la fabrication et le négoce de systèmes de chauffage domestiques au bois et aux granulés de bois mais aussi des 25 employés de son antenne rhônalpine, Deville Thermique, est donc désormais suspendu à la décision que prendra le seul investisseur restant sur les rangs : le groupe industriel Phoenix, basé à Grenoble (Isère), créé en 2009 par Abcia et présidé par Rodolphe Tarnaud.

Structure diversifiée dont la croissance s'est en grande partie réalisée dans la reprise et le retournement d'entreprises en difficulté, le groupe grenoblois compte des unités dans des domaines variés. Il possède notamment dans son giron : Filreurope à Rambervilliers (Vosges), spécialiste de la fabrication de conteneurs viticoles et d'articles métalliques, REP International à Corbas (Rhône), spécialiste de l'injection de caoutchouc, Farame, le leader portugais du travail du fil métallique, et aussi la société Didactik, qui regroupe à Rémelfing (Moselle) les enseignes Pierron Production et Asco & Celda dans la conception de matériel didactiques. Soit un ensemble de près de 380 personnes.

L'amiante en toile de fond

Dans l'offre de rachat qui a été présentée cette semaine au personnel, le groupe Phoenix envisage d'investir 3 millions d'euros pour rajeunir la gamme de produits Deville, maintenir la marque dans le marché haut de gamme et restaurer la situation financière de l'entreprise qui a réalisé 17,8 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013.

Si Henri de Quatrebarbes, directeur général depuis 2008 de la société, est assuré de garder son rôle actuel, sur les 117 salariés employés à Charleville-Mézières, une vingtaine ferait l'objet d'un licenciement économique.

Dans la proposition faîte à Laurent Elbaz, actionnaire majoritaire de la holding Birus, propriétaire de Deville, Phoenix a aussi posé des clauses suspensives. Comme la réduction du loyer (à hauteur de 30 %) du bâtiment industriel appartenant depuis plusieurs années au Conseil général et la diminution de la surface d'activité afin d'adapter la superficie de travail couverte à la production actuelle.

La sortie de Deville de la procédure de redressement judiciaire est à ce prix. Mais ce projet de reprise est surtout suspendu à la garantie que le site de la société Deville ne soit plus classé "amiante". "Un gros boulet dans la chaussure" selon plusieurs observateurs de ce dossier.

Ce point très sensible inquiète fortement le personnel de l'entreprise car il peut "plomber" toutes les négociations à venir. C'est pourquoi les diverses parties prenantes vont agir auprès des pouvoirs publics et du Fonds d'Indemnisation des Victimes de l'Amiante pour dégager le futur repreneur de tous dommages collatéraux. Sinon, 117 emplois seraient directement menacés...

Pascal Remy"

NB: nous apprenons aussi la mise en redressement judiciaire de la société TURQUAIS , une grosse PME ( environ 60 salariés) , à Raucourt (08) . La courbe du chômage dans les Ardennes ne s'inverse pas , elle s'accentue ....malgré les exonérations massives de cotisations patronales liées à la zone franche !!

LA ZONE FRANCHE ARDENNAISE , C'EST UNE AVANT PREMIERE DU "PACTE DE RESPONSABILITE" , cher à Hollande et au Medef : CA COUTE TRES CHER AUX CONTRIBUABLES ET CA NE CREE AUCUN EMPLOI !!