rca2 Vœu pour une loi contre les licenciements boursiers

« Le défi du soutien et du développement de l’emploi appelle la mobilisation de tous les acteurs, et de tous les moyens. La création de la BPI apporte, en ce sens, un début de réponse pour permettre aux PME qui rencontrent de réelles difficultés d’accéder plus facilement au crédit. C’est une première étape d’un long processus, celui de la reconstruction d’un secteur public financier.

Cette politique ne peut être dissociée de la nécessité de stopper l’hémorragie de plans de suppressions d’emplois dictés par des logiques de rendement financier à court terme.

Au cœur de la crise, des grands groupes, des donneurs d’ordre, licencient en dépit de leur bonne santé économique avec pour seul objectif d’augmenter les dividendes versés à leurs actionnaires. Ces licenciements, ou les fermetures de sites, participent à étouffer l’activité, à démanteler le tissu industriel avec des conséquences lourdes en Champagne-Ardenne pour la sous-traitance, pour les emplois induits.

Le 16 février 2012 la majorité des sénateurs de gauche a voté au Sénat une proposition de loi visant à mettre un terme aux licenciements boursiers.

La proposition d’une loi pour interdire ces licenciements est une mesure d’intérêt général. C’est en ce sens que les salariés concernés appellent la puissance publique à un acte législatif fort en défense de l’emploi et pour préserver notre capacité industrielle menacée par la course aux profits financiers. Notre Région est, on le sait tous, particulièrement touchée.

Au regard du nombre de chômeurs qui ne cesse d’augmenter depuis un an et demi, de la gravité de la précarité frappant notre pays, de la destruction qui menace des milliers d’emplois et du redressement industriel qui doit mobiliser la puissance publique, le Conseil régional de Champagne-Ardenne réuni en séance plénière ce 17 décembre 2012 demande au Président de la République, et à la représentation nationale de légiférer, au terme du processus de négociation entre partenaires sociaux initié par le gouvernement, et en réponse aux demandes des salariés victimes de plans sociaux, au travers d’un texte visant à interdire les suppressions d’emplois à visées boursières ».

Vœu adopté par les groupes socialiste, communiste et EELV. Le groupe UMP n’a pas voulu prendre part au vote. Les élus d’extrême droite se sont abstenus en commission permanente. En Assemblée plénière, le groupe FN a quitté la séance pour ne pas avoir à se prononcer publiquement et éviter ainsi de montrer au grand public ses positions ultra-libérales.