0Jaurès_dans_les_ardennes

On connaît la personnalité, la pensée, l'action et l'influence de Jaurès tant sur le plan national qu'international. Rares sont toutefois les études régionales sur Jaurès, à l'exception de celles consacrées à son Sud-Ouest natal. Suivre Jaurès dans les Ardennes, c'est donner vie à la relation privilégiée qu'il a entretenue avec une place forte militante et électorale du mouvement socialiste à mille kilomètres du Tarn. C'est présenter une originalité provinciale dans l'itinéraire de Jaurès. Jaurès a effectué quatre visites dans les Ardennes. Il inaugure dans la ville industrielle de Nouzon un dépôt de bouteilles de la V.O d'Albi (1898). Il tient meeting contre le nationalisme pendant l'affaire Dreyfus (1899). Il est témoin de moralité devant la cour d'assises des Ardennes dans une « affaire antimilitariste » (1911). Enfin, il prend la parole à Sedan et Mézières, en novembre 1913, pour se lever contre la guerre : la presse réactionnaire contre Jaurès en le couvrant d'injures (« Herr Jaurès »). Jaurès est resté dans la mémoire collective des Ardennes ouvrières et frontalières. Le 5 août 1923, en pleine occupation de la Ruhr, un monument de Jaurès, financé par une souscription, est inauguré à Revin, au cœur le la vallée de la Meuse industrielle. C'est la réponse au militarisme de Poincaré dont la venue est annoncée à Charleville pour l'inauguration du monument aux morts. C'est l'opposition à l'idée d'une nouvelle guerre: après la défaite de Sedan en 1870 suivie de trois années d'occupation allemande, 14-18 était de trop (Les Ardennes sont le seul département de France occupé sur la totalité de son territoire pendant plus de quatre ans).

Didier Bigorgne fait revivre le fondateur de L'HUMANITE, pacifiste militant qui déclarait : "...le courage , c'est de chercher la vérité et de la dire , c'est de ne pas subir la loi du mensonge..." : quelle actualité !

Parution le 25 avril prochain , aux éditions Privat , 14 euros .