KKE2
Une excellente analyse du PTB ( parti du travail de belgique)

« Une décision irresponsable », « cela apporte une grande insécurité sur les marchés », « Les Grecs ne peuvent pas décider seuls » : les chefs d’État, les banques et les multinationales ont dénoncé la décision du premier ministre grec Papandréou de convoquer un référendum sur « le plan de sauvetage » européen.

Pour les dirigeants de l’Union européenne, la démocratie, c’est bon pour le printemps arabe, mais ce n’est pas d’application pour leurs propres peuples qui ne peuvent pas s’exprimer sur des décisions capitales pour leur avenir. Ni sur la gouvernance européenne qui cadenasse une politique d’austérité et antisociale pour les dix ans à venir. Ni sur « le plan de sauvetage » de la zone euro de 1000 milliards et la recapitalisation des banques, qui n’est autre qu’un plan de sauvetage des banques et du capital financier. Les Grecs non plus ne peuvent décider de leur sort. Rappelons que « l’aide à la Grèce » n’a pas servi à venir en aider aux Grecs : 97 % des fonds avancés à la Grèce ont, en réalité, servi à rembourser les grandes banques étrangères, allemandes et françaises en tête. Tout cela au prix de dix ans d’austérité et une dette publique ramenée, dans le moins pire des scénarios, à 120 % du PIB. Et, entre-temps, un Grec sur quatre est sous le seuil de pauvreté, près d’un jeune sur deux sans emploi et les pensionnés ont moins de 400 euros de pension.

« Fermez-la, nous décidons pour vous » est donc le slogan de la dictature de l’Union européenne de Merkozy, du FMI et de la Banque centrale européenne. Mardi, les marchés, autrement dit les banques, les spéculateurs et les millionnaires, votaient déjà : en faisant chuter les Bourses, ils ont déjà commencé leur immense chantage envers les peuples européens et le peuple grec en particulier.

Solution démocratique ?

Le référendum lancé par Papandréou est-il alors une solution démocratique ? Pas vraiment.

D’abord parce que les dirigeants de l’Union européenne, qui ont acté que le référendum aurait lieu, ont déjà décidé d’imposer à la Grèce la question qui sera posée et du cadre du référendum : le référendum devra avoir lieu avant fin décembre, il devra poser la question de l’appartenance à la zone euro et non l’approbation ou non du « plan de sauvetage » (qui lui serait voté au Parlement grec). Et, entretemps, la Grèce ne recevra plus d’aides de l’Union européenne et du FMI. On met ainsi la corde autour du cou des Grecs et on leur demande de la serrer par leur vote.

Ensuite parce que Papandréou veut un référendum et obtenir un « oui » sous la contrainte pour briser le mouvement populaire en cours en Grèce. En effet, les grèves et manifestations s’élargissent ces dernières semaines. Il y a le mouvement de désobéissance civile contre le paiement de nouveaux impôts. Banques, millionnaires, multinationales estiment que la situation est devenue incontrôlable et qu’ils ne peuvent plus continuer à appliquer leur politique sans risquer à plus ou moins brève échéance une forme de soulèvement populaire.

Et Papandréou veut éviter de convoquer des élections dans un contexte où les partis traditionnellement au pouvoir sont discrédités : le parti socialiste a moins de 15 % d’intentions de vote et le parti de droite, la Nouvelle Démocratie, 22 %. En organisant un référendum, il peut exercer un chantage odieux sur les électeurs en exigeant d’eux qu’ils apportent leur soutien à la politique actuelle de l’Union européenne.

La peste ou le choléra

Tout va être fait pour obliger les électeurs à voter oui, en les forçant à admettre « démocratiquement » que c’est la moins mauvaise solution. Puis en utilisant ce vote pour réprimer le mouvement populaire. Et si les Grecs votent non, on leur promet l’expulsion de la zone euro, la faillite du pays... Sans compter qu’on pourrait les amener à revoter jusqu’à ce qu’ils disent oui, comme on l’a fait avec les Irlandais et le traité de Lisbonne.

En réalité, ce référendum, c’est le choix entre la peste et le choléra. Il ne s’agit pas de voter pour ou contre un traité européen. Il ne s’agit pas de se prononcer sur qui doit payer la crise. Il s’agit de voter comment le peuple doit se soumettre et comment il va payer la crise provoquée par le capitalisme. « Nous refusons le chantage éhonté et l’intimidation idéologique prenant le peuple pour cible », a réagi le Parti communiste de Grèce (KKE) qui, avec le front syndical de lutte PAME, a grandement inspiré le mouvement populaire en cours en Grèce. « Le chantage ne passera pas. L’annonce du Premier ministre sur le référendum signifie qu’un vaste appareil va être mis en place pour forcer la main au peuple, le gouvernement et l’Union européenne se saisiront de tous les moyens à leur disposition, avec menaces, provocations afin de soumettre la classe ouvrière et les couches populaires, pour arracher un “Oui” pour le nouvel accord. »

Aussi le KKE appelle à un grand rassemblement au centre d’Athènes le vendredi 4 novembre. La résistance du peuple grec a besoin de notre solidarité. Ceux qui ont provoqué la crise doivent la payer. Plus que jamais : « Nous sommes tous des Grecs ! »