Lettre ouverte au Président de la République
Thierry Lepaon écrit à François Hollande
Monsieur le Président,
Il n’est pas habituel que le Secrétaire général de la CGT écrive au Président de la République française. D’impérieuses raisons m’y conduisent.
Il y a maintenant un an, les françaises et les français vous élisaient Président de la République. Ils affirmaient ainsi le besoin d’une rupture avec la politique économique et sociale menée précédemment. De ce besoin vous en avez fait votre slogan : « le changement c’est maintenant ». La CGT s’était clairement exprimée pour un changement de majorité dans l’intérêt des salariés. Or, nous sommes contraints de constater l’écart grandissant entre vos engagements et les actes. Le décalage est immense entre les attentes des salariés et les réponses politiques apportées.
Pour les salariés, rien n’a changé positivement dans leur vie au travail et dans leurs conditions sociales. Mois après mois le chômage augmente, la précarité est le lot de plus en plus de salariés, les destructions d’emplois dans l’industrie, le commerce et les services font l’actualité. L’incertitude face à l’avenir et la faiblesse du pouvoir d’achat pèsent sur la consommation des ménages.
Les jeunes, premières victimes de la crise, constituent une véritable génération sacrifiée et subissent chômage, précarité et déclassement. C’est à cette situation qu’il faut répondre. Dans votre intervention, lors de l’ouverture de la précédente conférence sociale de juillet 2012, vous avez affirmé l’ambition de construire une "feuille de route sociale". Une "feuille de route", en particulier en matière sociale, ne peut pas être continuellement remise en cause ou déchirée pendant le parcours.
L’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat, l’emploi, la politique industrielle, les services publics, une protection sociale de haut niveau, les droits à la retraite, doivent être à l’ordre du jour de la future conférence sociale qui se tiendra les 20 et 21 juin prochain
La démocratie sociale et les moyens de l’exercer doivent aussi en être partie prenante
La séquence que nous venons de vivre avec la négociation de l’ANI sur la « sécurisation de l’emploi » et sa transcription dans la loi divise les français, les salariés, les organisations syndicales et les parlementaires, y compris ceux de la majorité.
Comment dans ces conditions le texte de l’accord du 11 janvier pourrait-il devenir loi de la République ?
Dans les prochains mois, les négociations vont se poursuivre dans les branches professionnelles et les entreprises avec des représentativités syndicales différentes, et des clivages accentués. Il y aura aussi l’expérience, le principe de réalité, vous le savez, s’impose à tous.
Votre gouvernement vient de refuser une loi d’amnistie pour les syndicalistes concernant la précédente mandature. Derrière la loi d’amnistie se joue aussi la condamnation de la politique de votre prédécesseur dont la brutalité a contraint nombre de salariés à se mobiliser et à agir. Beaucoup ont voté pour vous et vous les rejetez. La poursuite de cette attitude serait incompréhensible.
La rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur budgétaire doit être à l’ordre du jour en France et en Europe. C’est l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats et de ses 85 organisations à agir pour « changer de cap », à l’occasion de la semaine d’action du mois de juin.
Les peuples d’Europe peuvent témoigner des conséquences dramatiques au niveau économique et social de ces politiques d’austérité. Des institutions, des économistes les remettent en cause. Même la Commission européenne vient timidement d’admettre leur inefficacité.
C’est à partir de la situation sociale et des possibilités de répondre aux attentes des salariés que la CGT s’engagera lors de la prochaine conférence sociale.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées
Thierry Lepaon Secrétaire général de la CGT

Rappel : suite à une décision de la cour d'appel de Reims du 30 mai 2012 , les 47 ex-salariés d'Ardennes forge doivent rembourser la somme de 560900 euros à l'AGS ( association pour la gestion du régime de garantie des salaires) ...alors que le tribunal des prud'hommes de Charleville avait accordé plus de 900000 euros de dommages et intérêts aux salariés de cette entreprise !!
Cette situation juridique absurde plonge les ex-salariés dans une détresse sociale évidente : alors qu'ils ne sont absolument pas responsables des pratiques douteuses de leur ex-patron , ils sont victimes d'une double peine : licenciement , puis remboursement d'une grosse partie de leurs dommages et intérêts !!!
A fin 2012 , la typologie des allocataires de la Caf des Ardennes donne la mesure de la forte paupérisation de notre département :
COMMUNIQUE NATIONAL DE LA CGT :
Par ailleurs , le CA de la CAF des Ardennes a su développer au plan local des partenariats inscrits dans la réalité des territoires. La réforme annoncée autour DES RYTHMES SCOLAIRES induit de fortes interrogations au niveau des collectivités locales quand à ce que sera l'éventuel accompagnement de la CAF .
Si les agents de la Caf sont déjà fortement mobilisés , les administrateurs souhaitent que les incidences financières liées à cette réforme n'obérent pas le champ d'action de la branche famille sur d'autres priorités en matière d'action sociale et familiale .
Ils souhaitent que la branche puisse disposer au plus tôt des éléments lui permettant de s'engager pour la prochaine rentrée scolaire et répondre ainsi à ses partenaires .
Le fabricant d'électro-ménager Electrolux s'est engagé lundi à ne pas quitter son site de fabrication de lave-linges de Revin (Ardennes), qu'il souhaite fermer ou céder d'ici 2014, avant d'avoir trouvé un repreneur, selon un communiqué du ministère du Redressement productif.
Contrairement aux informations diffusées par les télévisions , les manifestations organisées ce jour par les syndicats majoritaires ( CGT, FO, FSU et Solidaires) ont connu un réel succés : ainsi , à Charleville-Mézières (08) , ce sont plus de 400 personnes qui sont venues en délégation de toutes les Ardennes , pour dénoncer l'accord du 11 janvier 2013 faussement dit " de sécurisation de l'emploi" !
A Charleville-Mézières , aprés une prise de parole des responsables syndicaux , des barrages filtrants ont été mis en place sur l'avenue d'Arches pour expliquer aux passants les reculs sociaux contenus dans ce projet de loi ...qui sera présenté demain au conseil des ministres !!
La mobilisation va donc se poursuivre dans les prochaines semaines : pour le PCF et le Front de Gauche , il convient maintenant "de détricoter pièce par pièce un accord dit de "sécurisation" de l'emploi ...alors qu'il va faire exploser la flexibilité du travail et des salaires "! 

419 emplois sont menacés de disparition à Revin (08) si le groupe Electrolux persiste à délocaliser en Pologne !
Depuis des mois, l'intersyndicale se bat pour démontrer qu'une autre solution industrielle locale - intitulée Niver, est possible : la direction du groupe suédois doit se prononcer le 11 mars prochain ! .... c'est toute une ville qui est dans l'attente , car la disparition de cette usine serait une véritable tragédie pour les Ardennes , déjà lourdement frappées par le chômage !
Le gouvernement a retranscri fidèlement l’accord national dans ses aspects les plus nocifs pour les salariés. Ainsi, il reprend à son compte les dispositions les plus régressives de l’accord national minoritaire signé le 11 janvier :
Nouveau coup dur pour l'industrie ardennaise , l'équipementier automobile FAURECIA - qui a une usine de 380 salariés à Mouzon (08) , vient d'annoncer en CCE son intention de supprimer 60 postes dans le secteur "formage" , c'est à dire là où sont fabriquées les pièces insonorisantes pour les planchers des voitures !

L'INSEE publie aujourd'hui un rapport alarmant sur le développement de la fragilité sociale dans les régions : les Ardennes sont au 7° rang des départements LES PLUS DEFAVORISES !
CFDT : Fabrique de fromages !!!

L'Unsa , des parents d 'élèves de collèges menacés , ainsi qu'une forte délégation de militants PCF-Front de Gauche ont participé à ce rassemblement combattif : faut-il rappeler que le point d'indice de la fonction publique est gelé depuis 2010 !.....un record historique qui engendre une véritable paupérisation des fonctionnaires !
