
Déclaration de Sylvain Dalla Rosa(PCF) lors du conseil municipal du 17/10 consacré aux orientations budgétaires 2013 :
J’ai bien examiné les propositions contenues dans le document financier concernant les orientations budgétaires pour 2013 et je dois vous dire ma déception. Il ne s’agit pas de remettre en cause le document qui nous est soumis mais de dénoncer le contexte politique dans lequel il s’élabore avec le nouveau gouvernement.
Nous comptions sur une amélioration de la situation des collectivités locales, je constate malheureusement qu’il n’en est rien. Même si je ne crois pas à l’existence de remèdes miracles, nous espérions, néanmoins, une inversion de la tendance concernant le soutien aux collectivités locales.
Or, nous sommes toujours soumis au même régime d’austérité par l’Etat et si j’en crois les déclarations ministérielles, le pire est à venir puisqu’il est envisagé une baisse de 2,5 milliards d’euros des dotations aux collectivités pour 2014 et 2015.
Evidemment après la ratification honteuse du Pacte Budgétaire Européen qui fait de la rigueur la pierre angulaire de la gestion gouvernementale, il ne fallait pas s’attendre à autre chose. Néanmoins, je ne me résigne pas à cette cure d’austérité et les élus communistes continueront à être force de propositions et d’action. Je ne peux, cependant, vous cacher que ma déception est grande devant un tel gâchis. Récemment, le Président de la République indiquait, devant le Sénat, à l’occasion des états généraux de la démocratie territoriale, que les collectivités représentent 20 % de la dépense publique et qu’à ce titre elles devaient participer à l’effort de rigueur. Mais soyons clairs, ces dépenses publiques sont-elles de l’argent jeté par les fenêtres. Chacun ici le sait bien, il s’agit de dépenses utiles pour l’école, la culture, le sport, l’environnement……
Avec la cure d’austérité qui nous est imposée, nous sommes amenés à tailler dans ces dépenses, poursuivant en cela les orientations du gouvernement précédent. Ce n’est pas la politique de changement à laquelle les élus locaux avaient aspiré. Si cette orientation d’asphyxie des collectivités ne s’inverse pas nous devrons continuer à tailler dans les dépenses utiles à nos concitoyens en affaiblissant encore le service public. Vous comprendrez qu’au deuxième tour de la Présidentielle, je n’ai pas voté pour cette orientation.
L’autre point que je souhaite aborder concerne le développement de notre commune qui doit s’appuyer sur l’attractivité de notre territoire. Nous avons régulièrement un débat sur cette question au sein de notre conseil municipal. La droite ne rate pas une occasion pour nous ressortir la même rengaine, c’est la gestion municipale qui est responsable de la perte d’attractivité de notre ville en raison, notamment, de la pression fiscale élevée. Vous me permettrez d’avoir une autre vision des choses. Je m’appuie pour cela sur la dernière notre de l’INSEE qui relève que c’est bien les questions liées à l’économie et à l’industrie qui sont responsables de la baisse démographique et du manque d’attractivité. D’ailleurs de ce point de vue, je dois vous avouer toutes mes craintes pour l’avenir compte tenu de la situation préoccupantes dans des entreprises comme Vistéon ou PSA.
Alors dans ce contexte, comment gérer sans trop pénaliser nos concitoyens. C’est l’exercice auquel nous sommes soumis. Votre orientation de ne pas augmenter la part ville de la fiscalité nous convient mais jusqu’où pourrons-nous aller dans cette voie de maitrise fiscale qui va très rapidement trouver ses limites ?
En matière d’investissement, notre engagement principal reste le Programme de Rénovation Urbaine. Il convient, objectivement, de reconnaître que cela se fait au détriment de bien d’autres investissements nécessaires à notre collectivité. Si on regarde les chiffres cela saute aux yeux, en 2013 il est prévu 2,161 M€ pour le programme courant et 9,134 M€ pour le PRU. Il ne s’agit pas pour moi de contester le bien fondé des investissements PRU qui se traduisent par une amélioration des quartiers, mais simplement de constater que nous n’avons pas reçu, également dans ce domaine, le soutien financier annoncé par l’Etat. Il faut donc bien que notre collectivité prenne le relais et cela dégrade nos capacités d’investissements.
Concernant le fonctionnement, nous sommes dans une situation tendue et la dégradation de nos services publics est évidente. J’ai l’habitude de dire que nous préservons l’essentiel mais jusqu’à quand ?
Alors, je sais que nous avons peu de marge de manœuvre, Madame le Maire, mais inlassablement nous voulons continuer à réclamer une juste revalorisation de nos dotations et un changement de politique gouvernementale en direction des collectivités. Si ces changements n’interviennent pas rapidement nous ne pouvons pas cacher à nos concitoyens que les mois et les années à venir seront durs pour notre collectivité.
La presse locale n'a pas relevé une seule ligne de cette déclaration pourtant pertinente : quelle conception de "l'information" factuelle préside-t-elle chez les dirigeants de L'Union-L'Ardennais les citoyens ont-ils encore le droit à l'information objective